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Comment mieux parler du cinéma qu'en en faisant une occasion d'étoilement, cet événement singulier, étrange et déroutant où nous voici couverts d'étoiles et fêlés ensemble, brisés par les astres cinématographiques qui nous viennent et par eux émus au point d'avoir à l'écrire ? Quel exigence impossible que d'avoir à viser à notre tour les lieux les plus inaccessibles, pour dire ce que le cinéma, par le truchement de telle œuvre, à ouvert au plus intime de nous mêmes ? Et si justement le cinéma avait pour vocation de tracer, pour nos yeux, pour notre bouche, un chemin vers l'inaccessible ?

Le Collectif jeune cinéma publie étoilements, une plaquette où poésie et cinéma se croisent, se toisent, s'appellent et se répondent. Plusieurs plumes et sensibilités se prêtent diversement à cette petite tâche en forme d'étoile. La parution est trimestrielle. Vous pouvez télécharger un bulletin d'abonnement sur le site du Collectif.

Direction éditoriale : Violeta Salvatierra, Rodolphe Olcèse, Gabriela Trujillo.

Contact par e-mail.

Points de vente


Collectif Jeune Cinéma - Saint-Ouen (93)
Librairie Flammarion Centre - Paris (3e)
Librairie Lis Voir - Paris (11e)
Librairie de la Cinémathèque - Paris (12e)
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Actualité

Jeudi 1 octobre 2009
Le numéro huit d'étoilements vient de paraître. Autour du thème de la voix, ce numéro, comme les précédents, fait se rencontrer préoccupations cinématographiques et formes poétiques. Il est accompagné d'un cd où sont réunies des propositions sonores en relation avec les textes du numéro.



Crédit : Un lac de Philippe Grandrieux


Edito (extrait) :

« En regardant la voix comme vecteur essentiel de l'espace du film, nous nous intéressons aux dynamiques de division, de conjonction, d'incarnation et d'absence qui sont aux fondements des modes d'énonciation cinématographique, mais aussi du geste poétique, plus largement. (...) » Violeta Salvatierra

Sommaire :
Voix en miroir et en abîme par Raphaël Bassan / Deux voix qui mentent par Silvia Maglioni / Le voile de Mabuse (partie 1) par Fabrice Lauterjung / Anamorphosis of Voice par Graeme Thomson / Magma par Verb** / Sur le désir de tes jeux par Raphaël Soatto / Dans une langue étrangère. Un lac de Philippe Grandrieux par Rodolphe Olcèse / Sans terre, sans voix... par Sothean Nhieim / Una playa o una mano abierta par Violeta Salvatierra
Par Etoilements
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Vendredi 10 juillet 2009
Pour que nos voix puissent se laisser filmer, il faut qu’il y ait quelque chose de visible en elles. Notre langage quotidien ne laisse pas de l’affirmer. Nous parlons du grain de la voix, de son épaisseur, de sa couleur, autant de termes qui s’appliquent tout aussi bien aux images. Ces indications liminaires méritent d’être radicalisées. Peut-on filmer autre chose que des voix ? Y a-t-il autre chose à voir que des voix ? Même lorsque nous tournons nos objectifs vers les régions les plus silencieuses du monde, n’est-ce pas encore ce qui parle en lui que nous voulons atteindre et montrer ? Filmer consisterait à entendre la voix que nous donnons au monde, et à reformuler sans cesse, en acte, l’expression, géniale par sa concision même, de Claudel : l’oeil écoute.
Mais il faut varier ces questions, et poser plus directement la question de la vocalité du cinéma en tant que telle. La voix peut-elle être le quoi du cinéma si elle ne pose pas la matérialité et la chair avec lesquelles il travaille nécessairement ? Voir une voix, c’est aussi voir la gorge où elle tremble et sans laquelle nous ne pourrions l’entendre. Avec cette thématique, c’est donc aussi la question de l’incarnation que nous voulons poser.

La parution de ce numéro sera enrichie d’un cd. Nous attendons des textes, mais également des objets sonores liés à cette thématique de la voix. Etoilements 8 sera co-édité avec les éditions du Bas-Parleur en tirage limité et sa sortie aura lieu lors de la soirée Prismes 2, organisée à Mains d’Œuvres le 19 septembre.

Merci de nous faire parvenir vos proposition de textes (7500 signes maximum) accompagnés de photos libres de droit ou des propositions d’éléments sonores avant le 15 août. Nous insistons sur la nécessaire tenue des délais que nous impose la date de la soirée Prismes.

 
Par Etoilements
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Jeudi 2 avril 2009
Si elle nous vient le plus souvent sur le mode de l'accident et peut provoquer une infirmité, la fracture, même douloureuse, peut également être le lieu d'une lucidité exacerbée. Hors d'usage, tel de nos membres nous rappelle à chaque instant son sens, sa portée et ses puissances. Après une rupture, amoureuse ou pas, la personne que nous ne verrons plus peut continuer de se manifester à nous sous des hospices qui nous la rendaient précieuse, et montrer d'elle un visage que nous n'avions pas pu voir dans le concret de nos relations.

Au cinéma, la fracture peut certes relever de l'accident : la bande qui casse dans le projecteur, une image qui se fige dans un lecteur vidéo. Mais ces brèches, ne sont elles qu'un péril ? N'indiquent-elles pas que tout film, par le biais du montage notamment, mais pas seulement, repose sur une série de fractures, de ruptures de plans ? La fracture n'est-elle pas finalement un acte, pour le film comme pour son auteur, qui rend possible le devenir du cinéma — de sa pratique ? de son histoire ? — en tant que tel ?

Merci de nous adresser vos textes (7500 signes environ) avant le 10 mai, accompagnés de photos libres de droits.
Par Etoilements
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Samedi 21 mars 2009
A l'occasion de la parution du numéro six d'étoilements, nous vous invitons à venir rencontrer la rédaction et les auteurs à la librairie Lis Voir (10 rue Goncourt, 75011 Paris) le jeudi 26 mars à 19h.


Edito
Pour ce numéro d’étoilements, nous nous sommes interrogés sur l’idée d’insistance : celle d’une puissance créatrice, celle qui est résistance ou persistance de formes, de traces, d’une nécessité surtout, jamais comblée, de dire. En insistant, on enferme ou on libère, on produit (ou on se laisse produire) dans l’intensification. Insister donc : y revenir. Or, ce n’est pas pour autant que l’on se saisit davantage de nos faires, de nos dires ; bien au contraire, on se cherche inlassablement, on fait place à l’inconnu, le laissant ainsi jaillir.
C’est d’abord en hommage à l’œuvre inépuisable de Raymonde Carasco (récemment disparue), que cette question s’ouvre, pour mieux la faire resurgir à travers la mémoire sensible de Gabriela Trujillo. Elle se prolonge ensuite dans l’analyse du film Zorns Lemma, de Hollis Frampton, par Raphaël Bassan, ou la mise en perspective de Empire d’Andy Warhol et Macrozoom de Piero Bargellini, mettant à jour deux approches d’une expérience de l’insistance du vide
dans nos vies contemporaines (et dans le cinéma d’avant-garde), d’après Dario Marchiori. Face à la nécessité impérieuse de faire partager les traces d’une histoire d’oppression et de lutte, la question des images latentes prend tout son sens au sein l’œuvre de Joana Hadjithomas et de Khalil Joreige, donnée à penser par Daphné Le Sergent. La volonté de dévoiler, de faire apparaître, liée au besoin de réfléchir aux conditions de cette apparition nécessaire, sont au cœur du travail de ces artistes, et trouvent écho dans le texte qui suit, sur la persistance de l’image manquante aux fondements même du médium cinématographique (Gabriela Trujillo).
Le texte de Rodolphe Olcèse, à partir de films de Blaise Othnin-Girard, ainsi que celui de Raphaël Soatto, soulignent, parmi les diverses formes d’insistance évoquées, celle qui œuvre dans la pratique cinématographique en tant que quête de sens toujours à préciser, à retrouver. Un telle quête nécessite d’être complétée par un ailleurs, un au-delà que le regard de l’autre viendra à chaque fois convoquer.
Enfin, étoilements veut continuer à donner une place à des écrits empruntant des formes poétiques ou fictionnelles comme celles, en particulier, des textes qui closent le numéro. Il est aussi question d’insistance, ici, sur l’ouverture à des modes d’écriture permettant d’approcher autrement le geste cinématographique, s’autorisant à le décentrer, et tentant d’y répondre par de nouveaux gestes - autant de tentatives singulières de le réinventer.

Violeta Salvatierra

Sommaire
Un moment sur l’aile du vent : Raymonde Carasco rediviva par Gabriela Trujillo / Zorns Lemma, matrice des langages et défis à la mémoire par Raphaël Bassan / Macrozoom sur l’Empire par Dario Marchiori / La limite visible de l’autre, Joana Hadjithomas et de Khalil Joreige par Daphné Le Sergent / Persistance rétinienne d’une image manquante : l’éloge des leurres (ou : le cinéma est une diatribe contre la réalité) par Gabriela Trujillo / Fragments retrouvés par Rodolphe Olcèse / Insistance du crime (Dietmar Brehm) par Violeta Salvatierra / L’ontologie de ce que je me répète par Raphaël Soatto / Les (més)aventures d’Ellie par Dominik Lange


Par Etoilements
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Mardi 2 décembre 2008
Edito

Surplombant le spectre lumineux : le noir et le blanc sont aussi des couleurs


Les riches heures du Collectif Jeune Cinéma
La présente édition d’étoilements accompagne, en tant que supplément et complément, l’ensemble des manifestations au sein du 10ème Festival des Cinémas Différents de Paris. Une multitude de voix et de générations s’y rassemblent pour retracer l’histoire du festival des Cinémas Différents de Paris depuis sa création et rendre compte de son actualité.
La forme subjective du souvenir et du témoignage sont privilégiées : il sied en effet aux agents fondateurs de rappeler la genèse du festival et du Collectif sous sa forme présente. Ce parti pris d’une grande liberté de style permet de mieux apprécier les péripéties, prolongements, ricochets, heurs et malheurs d’une véritable épopée pour faire et présenter des cinémas différents à une époque où la norme fait loi.

Vues plongeantes sur le programme
Gabrielle Reiner, co-directrice du Festival, présente un panorama extensif des choix de programmation autour de la survivance du noir et blanc dans le cinéma contemporain, thématique qui serait en quelque sorte la bannière de cette 10ème édition. Parallèlement, d’autres auteurs s’attachent à poser et élargir les questions soulevées par des séances thématiques. Ainsi, étoilements propose au public une cartographie analytique qui vise à parachever ces choix, réarticulant et renvoyant sans cesse à des oeuvres présentées au cours du festival.

Input/Output ou : des artistes et des oeuvres
La liberté a été donnée à des auteurs d’évoquer des artistes et des films ayant participé à des éditions antérieures du festival. Ce panorama de quelques affinités électives s’ajoute à des gros plans de «Trajectoires» de 2008 (I. Pruska Oldenhof, R. Todd et S. George). Ce jeu entre présent et passé, ce va-et-vient entre Hyères et aujourd’hui, fait d’étoilements la plateforme théorique et poétique qui cherche à transcender le moment unique, irremplaçable, de la confrontation à ces oeuvres nécessaires, riches et inépuisables. Rendre hommage aux cinémas différents.

Gabriela Trujillo

Sommaire

SOUVENIRS //
La fondation du Festival des Cinémas Différents de Paris par Jean-Marc Manach, Laurent Mathieu et Marcel Mazé / Avant et après par Laurent Mathieu / Historique du Festival des Cinémas Différents de Paris par Jean-Marc Manach / D’un cinéma l’autre, d’un Marcel à un autre Marcel (extrait) par Karine Prévoteau // FILS // Du noir et blanc dans la programmation du 10ème Festival des Cinémas Différents de Paris par Gabrielle Reiner / Renouveau du cinéma expérimental français par Raphaël Bassan // SEANCES // Les corps andalous (sur la séance Rêves et fantasmes) par Emeric de Lastens / Ecrire un nouveau cinéma par Johanna Cappi / Hantises par Raphaël Bassan // AUTEURS // Karpo Godina à travers deux de ses court-métrages par Olivier Hadouchi / Robert Todd - La quête par Vivianne Vagh / Trajectoire : Izabella Pruska Oldenhof par Emilie Padellec / «Nous portons l’éclat, la douleur et le nom». Esquisse sur quelques films de Sylvain George par Gabriela Trujillo / Mauro Santini, la transfiguration de l’éphémère par Dario Marchiori / Pierre-Yves Cruaud, vidéaste en révolution par Bidhan Jacobs // OEUVRES // Hymen de Carole Arcega par Gloria Morano / La forme fendue d’un être immense. My room le grand canal d’Anne Sophie Brabant et Pierre Gerbaux par Bidhan Jacobs
Par Etoilements
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Mardi 2 décembre 2008

Edito

Le retard est-il toujours — pour celui qui le provoque ou pour celui qui le subit — un dommage ? Qu’il vienne semer le trouble dans nos emplois du temps révèle que nous ne sommes pas maîtres de notre temps, et que nous devons aussi composer avec l’imprévisible. Or, précisément, le retard peut avoir cette vertu de rendre imprévisible celui ou celle que nous attendons. De proche en proche, en introduisant une brèche dans la série de nos prédictions, en éveillant une attention qui est à la fois crispée, sur le qui vive, et dans une présence imposée à tout ce qui est là et que nous n’attendons pas, il permet aux événements les plus simples qui font notre environnement de se montrer sous un jour nouveau, et parfois de se montrer tout court.
C’est sous signe de l’attente que le retard est d’abord envisagé. Raphaël Bassan le met en évidence à partir de Still d’Ernie Gehr, en exposant le processus de réalisation du film : en retard sur ses aspirations de cinéaste, un jeune salarié de la Film-Makers’ Cooperative de New York se laisse surimpressionner par le temps qui passe. Gabriela Trujillo prolonge cette question du cinéma comme impression de l’attente en évoquant un film arrivé trop tard pour aboutir vraiment. D’autres films sont rencontrés dans ce numéro : Avant que ne se fixe de Fabrice Lauterjung, Entrées de secours de Jérôme de Missolz ou encore Rêves américains 3 de Moira Tierney.
C’est une joie également d’accueillir un nouveau morceau de poésie visible composé de concert par Graeme Thomson et Silvia Maglioni, et de donner à lire quelques vers de Raphaël Soatto, qui posent ce paradoxe d’un avant du temps, qui pour ne pouvoir être recherché que dans le temps, ne saurait être que traqué sans fin.
Nous nous sommes par ailleurs emparés de cette question du retard pour publier un texte qui aurait dû paraître dans le numéro deux, et qui n’a pu y figurer pour cause d’inachèvement. Un retard en acte donc, qui nous donne aussi quelque chose à entendre de ce qui s’ouvre dans toute attente. Un second retard délibéré vous est offert dans l’annonce d’une exposition qui a eu lieu le mois dernier à Pantin. Nous avons voulu profiter de cet événement passé pour recevoir une intervention de l’atelier de la Zone Opaque, premier temps d’un geste qui pourrait se continuer dans les prochains numéros, si nos agendas respectifs nous permettent, comme le dit cette expression horrible, de tenir les délais.

Rodolphe Olcèse


Sommaire
La fenêtre du coopérateur. De la méditation naît le sublime (ou quelques «couplets» sur le film Still d’Ernie Gehr) par Raphaël Bassan / De l’attente, de l’oubli et de l’abjuration : le film de Monelle par Gabriela Trujillo / L’avant du temps par Raphaël Soatto Texte pour étoilements / deux, inachevé par Catherine Bareau / «L’image, instable, s’établit». A propos de Avant que ne se fixe de Fabrice Lauterjung par Violeta Salvatierra / Too late blues par Graeme Thomson & Silvia Maglioni / JdM, Entrées de secours par Rodolphe Olcèse / Drames. À propos de Rêves américains numéro 3 de Moira Tierney et autres sommeils transatlantiques par Orlan Roy / Zone Opaque 

Par Etoilements
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Samedi 18 octobre 2008
Nous pouvons faire l'expérience du retard en deux sens au moins. Lorsque nous sommes en retard, et avons conscience d'y être, le temps peut sembler se précipiter, et les choses se bousculer tout autour de nous. A l'inverse, lorsque, nous attendons celui qui tarde à arriver, le temps semble se dilater, et nous pouvons le voir s’éterniser sous nos yeux. Dans les deux cas, notre absence de prises sur les événements nous fait éprouver une temporalité qui nous résiste et d’où surgissent des événements que nous n’attendions pas et en tant que nous ne les attendions pas. Qu’en est-il de cette situation appliquée au cinéma ? Ce dernier peut-il lui-même se construire où se décrire sous le titre d’une incapacité à maîtriser la temporalité ? Qu’est-ce que cela implique, si l’on considère que le temps est l’une de ses dimensions fondamentales ? Cette orientation thématique sera aussi l’occasion pour nous d’accueillir des propositions qui n’auraient pu être abouties pour d’anciens numéros d’étoilements, et qui pourraient nous dire quelques chose du retard en l’actualisant.
Les textes, d'une longueur de 7500 signes maximum, sont attendus pour le 6 novembre au plus tard, accompagnés d’images qui doivent être libres de droits. 
Par Etoilements
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Lundi 22 septembre 2008
Edito

Comme le cinéma, qui est peut-être l’une de ses modalités, la promenade demande à la fois espace et temps. Elle veut un lieu où puissent s’épouser le hasard et l’intention. Elle demande aussi que nous lui consacrions du temps, pour ne pas tourner en pure fuite ou déroute. Que nos déambulations nous trouvent inquiétés ou soucieux, et voilà qu’elles se changent en une errance qui, pour ne nous accorder ni paix ni indolence, fait se volatiliser la flânerie où nous pensions être. Pour que nos promenades aient lieu, nous devons nous rendre disponibles, dans un espace qui nous redonne cette vacance d’esprit initiale grâce à laquelle nous avons pu venir à lui. Gratuité et générosité sont intrinsèquement attachées à l’idée de promenade.
Pensée en premier lieu sous le signe du voyage, et plus singulièrement du voyage raté (à partir d’Uyuni, film d’Andrés Denegri,), la promenade manifeste son aptitude à entretenir le désir de faire des images lorsqu’elle se comprend comme disponibilité au monde. Raphaël Bassan, interrogeant le cinéma de Joseph Morder, veut montrer comment la vacance l’anime tout entier. Il situe ainsi son propre itinéraire de critique relativement aux films qu’il évoque. S’il peut le faire, c’est que les films, en nous faisant partager cette disponibilité à partir de laquelle ils nous viennent, sont aussi un lieu où nous pouvons nous comprendre et nous décrypter nous-mêmes. Il y a quelque chose de cet ordre dans le texte de Fabrice Lauterjung, qui va de formes en formes, pour explorer, à l’occasion d’une exposition d’art contemporain, de nouvelles possibilités du médium, jusqu’à rencontrer, dans la flânerie où il est emporté, une figure pour le moins inattendue – et pour cause – de l’histoire de l’architecture, pour indiquer in fine la violence inhérente à son projet.
Tout film est en lui-même un lieu où notre esprit peut vagabonder. Violeta Salvatierra laisse le sien se traduire en poésie, pour donner quelque chose à voir des images rencontrées dans Forest of Bliss de Robert Gardner. Des sentiers quelques peu extérieurs au cinéma ont également été parcourus, en direction d’une pratique qui le concerne absolument, celle du photographe tchèque Miroslav Tichý. Enfin, les vers d’Orlan Roy, ouverts par les images du suaire et de la mort, nous signalent une vacance ultime qui nous fera voyager Dieu sait où…
Puissent les textes ici réunis nous convaincre de sortir à nouveau dans la fraîcheur de l’automne, et de fréquenter les parcs, les rues et les cinémas, où tant de choses ont encore besoin de notre attention pour se laisser dire.

Rodolphe Olcèse

Sommaire

Du voyage raté : Uyuni (Andrés Denegri, Argentine 2005) par Gabriela Trujillo / Joseph Morder : le double journal des aficionados par Raphaël Bassan / Topographie du temps qui passe par Fabrice Lauterjung / Forest of bliss de Robert Gardner par Violeta Salvatierra / «en débouchant à lʼair libre dans la clarté de la rue». Les images de Miroslav Tichý par Rodolphe Olcèse / extrait de Carnet de route par Orlan Roy
Par Etoilements
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Vendredi 27 juin 2008
Un matin, l’envie m’étant venue d’aller me promener, je posai mon chapeau sur ma tête, plantai là ma chambre aux écritures ou aux revenants, et dégringolai l’escalier pour filer dans la rue”. Y aurait-il, dans cette phrase de Robert Walser, la première de cette nouvelle qui s’appelle La promenade, comme l’énonciation de ce qui préside à toute pratique cinématographique ? Pour filmer, il faut bien sortir de chez soi. Il faut aussi une certaine vacance, du regard, de l’attention. La déambulation, la promenade, comme manières d’être au monde, nous font percevoir ce à côté de quoi passent nos vies, à force de précipitation. Le cinéma comme promenade donc. Il est significatif que la promenade puisse désigner aussi bien une action que le lieu où celle-ci s’accomplit. Le sens du mot cinéma n’est-il pas frappé de ce même type de déploiement ? C’est ce que le prochain numéro d’étoilements aimerait pouvoir explorer.
Les textes doivent nous parvenir avant le 15 août, et ne pas excéder 7500 signes, espaces compris. Les images jointes pour accompagner vos articles doivent être libres de droits.
Par Etoilements
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Vendredi 13 juin 2008
Le n°3 d'étoilements sortira pour la prochaine projection du Collectif Jeune Cinéma, qui aura lieu le 19 juin prochain à Mains d'oeuvres (Saint-Ouen).


édito
Si faire du cinéma, en voir, en donner à voir, ou écrire autour, à partir de, c'est toujours une affaire de geste, ce geste, ce mouvement infini, investi d'affects indicibles, on en oublie presque les origines, on en goûte plutôt les déploiements successifs, les croisements simultanés qui le parcourent et l'animent, ce geste, il nous concerne donc, ne cesse de concerner autour de lui : il engendre des relations.
Vers ces relations, vers ces lieux de partage possibles, et prêts alors à la rencontre, à l'écoute, à l'équivoque aussi, nous nous sommes rendus. Attardés sur quelques pages, nous nous sommes mis à vouloir rendre compte de cela, de ce que nous sommes dans cette adresse sans cesse renouvelée, adressée de nouveau, reconnue et aussitôt perdue, qui nous maintient vivants. Jamais eue, à vrai dire, l'adresse, jamais certaine : elle n'a pu être que brièvement tenue, dans l'élan toujours mobile et nous dépassant, nous amenant plus loin de nous-même.
Ci-après, donc, quelques traces de ces bals, de ces tourbillons de sens adressés et accueillis, réorientés, par les chemins qui sont propres au cinéma et ici, dans cet espace par lui provoqué, à l'écriture : une lecture d'un film-ofrande, des pensées attentives au faire de l'adresse et à ses conséquences, la voix d'un film donnée à lire, les phrases ou les poèmes depuis la place de celle ou de celui qui regarde, ou encore des fragments de journaux intimes, de carnets de route, de textes adressés ou répondant à une adresse… Autant de manières de continuer à habiter ces mondes, portés par les films, où nos dires se mêlent, nous dépossèdent, ouvrent des voies nouvelles où nous serons, par d'autres, encore trouvés.

Violeta Salvatierra

Sommaire
L'offrande fugitive par Gabriela Trujillo / Questions surgies de l"adresse par Rodolphe Olcèse / L'amour, de leur côté par Kantuta Quirós / Adresses par Violeta Salvatierra / Les heures immobiles par Graeme Thomson & Silvia Maglioni / extrait de Carnets de route par Orlan Roy / Charme et intuition par Dominik Lange
Par Etoilements
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