Si elle nous vient le plus souvent sur le mode de l'accident et peut provoquer une infirmité, la fracture, même douloureuse, peut également être le lieu d'une
lucidité exacerbée. Hors d'usage, tel de nos membres nous rappelle à chaque instant son sens, sa portée et ses puissances. Après une rupture, amoureuse ou pas, la personne que nous ne verrons
plus peut continuer de se manifester à nous sous des hospices qui nous la rendaient précieuse, et montrer d'elle un visage que nous n'avions pas pu voir dans le concret de nos relations.
Au cinéma, la fracture peut certes relever de l'accident : la bande qui casse dans le projecteur, une image qui se fige dans un lecteur vidéo. Mais ces brèches, ne sont elles qu'un péril ?
N'indiquent-elles pas que tout film, par le biais du montage notamment, mais pas seulement, repose sur une série de fractures, de ruptures de plans ? La fracture n'est-elle pas finalement un
acte, pour le film comme pour son auteur, qui rend possible le devenir du cinéma — de sa pratique ? de son histoire ? — en tant que tel ?
Merci de nous adresser vos textes (7500 signes environ) avant le 10 mai, accompagnés de photos libres de droits.
Par Etoilements
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Publié dans : Actualité
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