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Comment mieux parler du cinéma qu'en en faisant une occasion d'étoilement, cet événement singulier, étrange et déroutant où nous voici couverts d'étoiles et fêlés ensemble, brisés par les astres cinématographiques qui nous viennent et par eux émus au point d'avoir à l'écrire ? Quel exigence impossible que d'avoir à viser à notre tour les lieux les plus inaccessibles, pour dire ce que le cinéma, par le truchement de telle œuvre, à ouvert au plus intime de nous mêmes ? Et si justement le cinéma avait pour vocation de tracer, pour nos yeux, pour notre bouche, un chemin vers l'inaccessible ?

Le Collectif jeune cinéma publie étoilements, une plaquette où poésie et cinéma se croisent, se toisent, s'appellent et se répondent. Plusieurs plumes et sensibilités se prêtent diversement à cette petite tâche en forme d'étoile. La parution est trimestrielle. Vous pouvez télécharger un bulletin d'abonnement sur le site du Collectif.

Direction éditoriale : Violeta Salvatierra, Rodolphe Olcèse, Gabriela Trujillo.

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Points de vente


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Librairie de la Cinémathèque - Paris (12e)
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Samedi 21 mars 2009
A l'occasion de la parution du numéro six d'étoilements, nous vous invitons à venir rencontrer la rédaction et les auteurs à la librairie Lis Voir (10 rue Goncourt, 75011 Paris) le jeudi 26 mars à 19h.


Edito
Pour ce numéro d’étoilements, nous nous sommes interrogés sur l’idée d’insistance : celle d’une puissance créatrice, celle qui est résistance ou persistance de formes, de traces, d’une nécessité surtout, jamais comblée, de dire. En insistant, on enferme ou on libère, on produit (ou on se laisse produire) dans l’intensification. Insister donc : y revenir. Or, ce n’est pas pour autant que l’on se saisit davantage de nos faires, de nos dires ; bien au contraire, on se cherche inlassablement, on fait place à l’inconnu, le laissant ainsi jaillir.
C’est d’abord en hommage à l’œuvre inépuisable de Raymonde Carasco (récemment disparue), que cette question s’ouvre, pour mieux la faire resurgir à travers la mémoire sensible de Gabriela Trujillo. Elle se prolonge ensuite dans l’analyse du film Zorns Lemma, de Hollis Frampton, par Raphaël Bassan, ou la mise en perspective de Empire d’Andy Warhol et Macrozoom de Piero Bargellini, mettant à jour deux approches d’une expérience de l’insistance du vide
dans nos vies contemporaines (et dans le cinéma d’avant-garde), d’après Dario Marchiori. Face à la nécessité impérieuse de faire partager les traces d’une histoire d’oppression et de lutte, la question des images latentes prend tout son sens au sein l’œuvre de Joana Hadjithomas et de Khalil Joreige, donnée à penser par Daphné Le Sergent. La volonté de dévoiler, de faire apparaître, liée au besoin de réfléchir aux conditions de cette apparition nécessaire, sont au cœur du travail de ces artistes, et trouvent écho dans le texte qui suit, sur la persistance de l’image manquante aux fondements même du médium cinématographique (Gabriela Trujillo).
Le texte de Rodolphe Olcèse, à partir de films de Blaise Othnin-Girard, ainsi que celui de Raphaël Soatto, soulignent, parmi les diverses formes d’insistance évoquées, celle qui œuvre dans la pratique cinématographique en tant que quête de sens toujours à préciser, à retrouver. Un telle quête nécessite d’être complétée par un ailleurs, un au-delà que le regard de l’autre viendra à chaque fois convoquer.
Enfin, étoilements veut continuer à donner une place à des écrits empruntant des formes poétiques ou fictionnelles comme celles, en particulier, des textes qui closent le numéro. Il est aussi question d’insistance, ici, sur l’ouverture à des modes d’écriture permettant d’approcher autrement le geste cinématographique, s’autorisant à le décentrer, et tentant d’y répondre par de nouveaux gestes - autant de tentatives singulières de le réinventer.

Violeta Salvatierra

Sommaire
Un moment sur l’aile du vent : Raymonde Carasco rediviva par Gabriela Trujillo / Zorns Lemma, matrice des langages et défis à la mémoire par Raphaël Bassan / Macrozoom sur l’Empire par Dario Marchiori / La limite visible de l’autre, Joana Hadjithomas et de Khalil Joreige par Daphné Le Sergent / Persistance rétinienne d’une image manquante : l’éloge des leurres (ou : le cinéma est une diatribe contre la réalité) par Gabriela Trujillo / Fragments retrouvés par Rodolphe Olcèse / Insistance du crime (Dietmar Brehm) par Violeta Salvatierra / L’ontologie de ce que je me répète par Raphaël Soatto / Les (més)aventures d’Ellie par Dominik Lange


Par Etoilements - Publié dans : Actualité
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