Q u i d

undefined
Comment mieux parler du cinéma qu'en en faisant une occasion d'étoilement, cet événement singulier, étrange et déroutant où nous voici couverts d'étoiles et fêlés ensemble, brisés par les astres cinématographiques qui nous viennent et par eux émus au point d'avoir à l'écrire ? Quel exigence impossible que d'avoir à viser à notre tour les lieux les plus inaccessibles, pour dire ce que le cinéma, par le truchement de telle œuvre, à ouvert au plus intime de nous mêmes ? Et si justement le cinéma avait pour vocation de tracer, pour nos yeux, pour notre bouche, un chemin vers l'inaccessible ?

Le Collectif jeune cinéma publie étoilements, une plaquette où poésie et cinéma se croisent, se toisent, s'appellent et se répondent. Plusieurs plumes et sensibilités se prêtent diversement à cette petite tâche en forme d'étoile. La parution est trimestrielle. Vous pouvez télécharger un bulletin d'abonnement sur le site du Collectif.

Direction éditoriale : Violeta Salvatierra, Rodolphe Olcèse, Gabriela Trujillo.

Contact par e-mail.

Points de vente


Collectif Jeune Cinéma - Saint-Ouen (93)
Librairie Flammarion Centre - Paris (3e)
Librairie Lis Voir - Paris (11e)
Librairie de la Cinémathèque - Paris (12e)
Librairie du Palais de Tokyo - Paris (16e)


Publicité

Lundi 22 septembre 2008
Edito

Comme le cinéma, qui est peut-être l’une de ses modalités, la promenade demande à la fois espace et temps. Elle veut un lieu où puissent s’épouser le hasard et l’intention. Elle demande aussi que nous lui consacrions du temps, pour ne pas tourner en pure fuite ou déroute. Que nos déambulations nous trouvent inquiétés ou soucieux, et voilà qu’elles se changent en une errance qui, pour ne nous accorder ni paix ni indolence, fait se volatiliser la flânerie où nous pensions être. Pour que nos promenades aient lieu, nous devons nous rendre disponibles, dans un espace qui nous redonne cette vacance d’esprit initiale grâce à laquelle nous avons pu venir à lui. Gratuité et générosité sont intrinsèquement attachées à l’idée de promenade.
Pensée en premier lieu sous le signe du voyage, et plus singulièrement du voyage raté (à partir d’Uyuni, film d’Andrés Denegri,), la promenade manifeste son aptitude à entretenir le désir de faire des images lorsqu’elle se comprend comme disponibilité au monde. Raphaël Bassan, interrogeant le cinéma de Joseph Morder, veut montrer comment la vacance l’anime tout entier. Il situe ainsi son propre itinéraire de critique relativement aux films qu’il évoque. S’il peut le faire, c’est que les films, en nous faisant partager cette disponibilité à partir de laquelle ils nous viennent, sont aussi un lieu où nous pouvons nous comprendre et nous décrypter nous-mêmes. Il y a quelque chose de cet ordre dans le texte de Fabrice Lauterjung, qui va de formes en formes, pour explorer, à l’occasion d’une exposition d’art contemporain, de nouvelles possibilités du médium, jusqu’à rencontrer, dans la flânerie où il est emporté, une figure pour le moins inattendue – et pour cause – de l’histoire de l’architecture, pour indiquer in fine la violence inhérente à son projet.
Tout film est en lui-même un lieu où notre esprit peut vagabonder. Violeta Salvatierra laisse le sien se traduire en poésie, pour donner quelque chose à voir des images rencontrées dans Forest of Bliss de Robert Gardner. Des sentiers quelques peu extérieurs au cinéma ont également été parcourus, en direction d’une pratique qui le concerne absolument, celle du photographe tchèque Miroslav Tichý. Enfin, les vers d’Orlan Roy, ouverts par les images du suaire et de la mort, nous signalent une vacance ultime qui nous fera voyager Dieu sait où…
Puissent les textes ici réunis nous convaincre de sortir à nouveau dans la fraîcheur de l’automne, et de fréquenter les parcs, les rues et les cinémas, où tant de choses ont encore besoin de notre attention pour se laisser dire.

Rodolphe Olcèse

Sommaire

Du voyage raté : Uyuni (Andrés Denegri, Argentine 2005) par Gabriela Trujillo / Joseph Morder : le double journal des aficionados par Raphaël Bassan / Topographie du temps qui passe par Fabrice Lauterjung / Forest of bliss de Robert Gardner par Violeta Salvatierra / «en débouchant à lʼair libre dans la clarté de la rue». Les images de Miroslav Tichý par Rodolphe Olcèse / extrait de Carnet de route par Orlan Roy
Par Etoilements - Publié dans : Actualité
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 27 juin 2008
Un matin, l’envie m’étant venue d’aller me promener, je posai mon chapeau sur ma tête, plantai là ma chambre aux écritures ou aux revenants, et dégringolai l’escalier pour filer dans la rue”. Y aurait-il, dans cette phrase de Robert Walser, la première de cette nouvelle qui s’appelle La promenade, comme l’énonciation de ce qui préside à toute pratique cinématographique ? Pour filmer, il faut bien sortir de chez soi. Il faut aussi une certaine vacance, du regard, de l’attention. La déambulation, la promenade, comme manières d’être au monde, nous font percevoir ce à côté de quoi passent nos vies, à force de précipitation. Le cinéma comme promenade donc. Il est significatif que la promenade puisse désigner aussi bien une action que le lieu où celle-ci s’accomplit. Le sens du mot cinéma n’est-il pas frappé de ce même type de déploiement ? C’est ce que le prochain numéro d’étoilements aimerait pouvoir explorer.
Les textes doivent nous parvenir avant le 15 août, et ne pas excéder 7500 signes, espaces compris. Les images jointes pour accompagner vos articles doivent être libres de droits.
Par Etoilements - Publié dans : Actualité
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 27 juin 2008
Par Etoilements - Publié dans : Images
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 13 juin 2008
Le n°3 d'étoilements sortira pour la prochaine projection du Collectif Jeune Cinéma, qui aura lieu le 19 juin prochain à Mains d'oeuvres (Saint-Ouen).


édito
Si faire du cinéma, en voir, en donner à voir, ou écrire autour, à partir de, c'est toujours une affaire de geste, ce geste, ce mouvement infini, investi d'affects indicibles, on en oublie presque les origines, on en goûte plutôt les déploiements successifs, les croisements simultanés qui le parcourent et l'animent, ce geste, il nous concerne donc, ne cesse de concerner autour de lui : il engendre des relations.
Vers ces relations, vers ces lieux de partage possibles, et prêts alors à la rencontre, à l'écoute, à l'équivoque aussi, nous nous sommes rendus. Attardés sur quelques pages, nous nous sommes mis à vouloir rendre compte de cela, de ce que nous sommes dans cette adresse sans cesse renouvelée, adressée de nouveau, reconnue et aussitôt perdue, qui nous maintient vivants. Jamais eue, à vrai dire, l'adresse, jamais certaine : elle n'a pu être que brièvement tenue, dans l'élan toujours mobile et nous dépassant, nous amenant plus loin de nous-même.
Ci-après, donc, quelques traces de ces bals, de ces tourbillons de sens adressés et accueillis, réorientés, par les chemins qui sont propres au cinéma et ici, dans cet espace par lui provoqué, à l'écriture : une lecture d'un film-ofrande, des pensées attentives au faire de l'adresse et à ses conséquences, la voix d'un film donnée à lire, les phrases ou les poèmes depuis la place de celle ou de celui qui regarde, ou encore des fragments de journaux intimes, de carnets de route, de textes adressés ou répondant à une adresse… Autant de manières de continuer à habiter ces mondes, portés par les films, où nos dires se mêlent, nous dépossèdent, ouvrent des voies nouvelles où nous serons, par d'autres, encore trouvés.

Violeta Salvatierra

Sommaire
L'offrande fugitive par Gabriela Trujillo / Questions surgies de l"adresse par Rodolphe Olcèse / L'amour, de leur côté par Kantuta Quirós / Adresses par Violeta Salvatierra / Les heures immobiles par Graeme Thomson & Silvia Maglioni / extrait de Carnets de route par Orlan Roy / Charme et intuition par Dominik Lange
Par Etoilements - Publié dans : Actualité
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 24 mars 2008
L'adresse. Ce n'est pas pour soi, ou pas seulement, que l'on crée. Un film peut être une offrande, une prière, un manifeste, une confidence, un chant, une protestation... Il peut faire naître une voix, ou l'engorger, pour qu'un(e) autre l'écoute, la considère, la sauve. Ici, regardez ce que je vous tend. Ce geste, cette mise en mouvement hors de soi. Joie du don, regard qui cherche à se perdre en se multipliant, voix qui m'atteint déjà, qui me reconnaît dans l'obscurité. Les registres possibles sont infinis, les formes de mise en abîme, les chemins plus ou moins tortueux. Mille et une manière de s'adresser, de vouloir arriver jusqu'à l'autre. Là, une tentative de lien, un appel à l'alliance, une écoute commune qui nous fonde à nouveau... Ici, une dédicace, occulte ou explicite. Un film comme une lettre, un film d'amour, un film qui cherche l'humain là où on ne le voyait pas.... Avait-t-il besoin de moi pour l'habiter ?
étoilements vous invite à écrire, à nous envoyer vos textes, si ce point de départ (l'adresse) pour aborder l'expérience du cinéma, suscite votre aspiration. La date limite pour l'a réception des textes est fixée au 15 mai. Merci de nous confirmer votre intention de participer à ce numéro dès que possible, et de respecter la longueur d'un maximum de 7500 signes, espaces compris.
Par Etoilements - Publié dans : Actualité
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 20 mars 2008
undefined
Par Etoilements - Publié dans : Images
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 13 mars 2008
Edito

"Le cinéma devient. Un truisme. Une affirmation qui semble pourtant n’aller pas de soi. En proposant le devenir comme signe d’écriture, nous n’envisagions pas toutes les dimensions de ce verbe qui seraient sollicitées. D’une certaine façon, les textes ici proposés réfléchissent en effet dans des sens divers, mais complémentaires, assurément. Peut-on penser le cinéma comme un devenir ?  Qu’est-ce qui, par l’écriture, peut donner à voir un cinéma qui devient ? La volonté initiale était de proposer, entre autres, ce qui se déploie en amont du film : des notes d’intention, un revenir poétique sur les images d’un film en cours, lui-même motivé, c’est-à-dire mis en mouvement, par des phrases que le cinéaste a reçu d’une autre… C’était laisser de côté une autre question, grave, pressée, urgente. Que devient le cinéma ?
Le cinéma, par le dispositif de la projection, donne lieu, ouvre un espace à une collectivité. Entre le projecteur et l’écran, il y a une distance qui distribue cet espace où tous regardent dans une même direction. Il y a, fondamentalement, nativement, une dimension politique du cinéma, qu’il soit considéré comme œuvre ou comme lieu. Il ne peut du reste être l’un sans être l’autre. Une œuvre qui d’une quelconque façon ne donne pas visage au monde, ne donne ni lieu, ni temps, n’en est proprement pas une. Et que cette œuvre soit achevée, terminée, ne la décharge pas d’avoir, encore et toujours, à susciter une manière d’hospitalité.
Aussi, poser la question politique du devenir du cinéma, ce que font Damien Marguet et Orlan Roy, provoqués par la situation où nous plongent les orientations budgétaires, c’est-à-dire idéologiques, de l’actuel gouvernement, fait ce numéro d’étoilements atteindre à une évidente justesse de ton. Puis-je vouloir la poésie sans vouloir en même temps un monde où elle soit possible ? Puis-je défendre le geste poétique, qu’il soit phrase ou image, sans me préoccuper en même temps de la générosité à laquelle il nous ouvre un accès, générosité dont nous voyons le sens se perdre au fil des jours ? Le film peut-il devenir si nous ne lui laissons pas quelque espace où il puisse entrer en présence ? Peu ou prou, c’est peut-être ces préoccupations que s’efforcent de traduire les textes ici réunis. Le cinéma devient en tant qu’il a des possibles. Tel film réalisé il y a 30 ans continue de prendre du relief s’il est confronté à tel ou tel plan d’un autre film, tel vers d’un poème qui vient à sa rencontre, tel regard qui avait besoin de lui pour s’approfondir en vérité. Ceci se produit dans nos salles de cinéma. Nous ne devons pas renoncer à ces lieux où nos images sont plus grandes que nous, ces chambres obscures, petites ou grandes, par où les films, et avec eux quelque chose du monde, deviennent."

Rodolphe Olcèse

Sommaire
Variations d'un infini turbulent (sur Limite de Mario Peixoto, Brésil 1930) par Gabriela Trujillo / L'édition DVD : le point final d'un film ? par Cédric Lépine / Le cinéma d'art est défait ? par Orlan Roy / Texte dit vague par Damien Marguet / Petite les intentions sont icelles par Rodolphe Olcèse / Notes sur un film en devenir par Philippe Cote / Avide par Nathalie EstBrochier / Andalousie par Violeta Salvatierra
Par Etoilements - Publié dans : Actualité
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 22 décembre 2007
tract.jpg Les  suppléments au numéro 1 d'étoilements, diffusés quotidiennement sous forme de tracts pendant le dernier Festival des cinémas différents, sont disponibles au format pdf sur le site du Collectif jeune cinéma.
Par Etoilements - Publié dans : Tracts
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 22 décembre 2007
Notre proposition pour le prochain numéro d’étoilements s’oriente cette fois-ci vers l’idée de devenir. Ce qui dans un film, ou dans une démarche artistique, refuse de se fixer dans une forme, de proposer une solution esthétique unique. Ce qui échoue aussi, malgré les intentions manifestes. Ce qui (se) rate, se perd ou se dissout, ce qui ne se veut pas efficace ou ce qui a besoin de se reprendre, de se répéter, de se décliner à l’infini, dans un mouvement permanent de l’oeuvre qui la nie et la réinvente à chaque fois. L’inachèvement ou l’ouverture aux possibles, l’utopie des possibles, du jeu infini des significations, au sein d’une oeuvre. L’affirmation du vivant et ses conséquences esthétiques, politiques, et économiques.
Merci d’envoyer vos textes à etoilements@gmail.com, avant le 31 janvier 2008. Merci de respecter la limite 3 pages (2 500 signes par page, espaces compris, soit 7 500 signes en tout), et d’envoyer des visuels (libres de droits) si vous en avez.
Par Etoilements - Publié dans : Actualité
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 22 décembre 2007
Image-3.png
Par Etoilements - Publié dans : Bulletin d'abonnement
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus