Le numéro huit d'étoilements vient de paraître. Autour du thème de la voix, ce numéro, comme les précédents, fait se rencontrer préoccupations cinématographiques et formes poétiques. Il est
accompagné d'un cd où sont réunies des propositions sonores en relation avec les textes du numéro.
Crédit : Un lac de Philippe Grandrieux
Edito (extrait) :
« En regardant la voix comme vecteur essentiel de l'espace du film, nous nous intéressons aux dynamiques de division, de conjonction, d'incarnation et d'absence qui sont aux fondements des modes
d'énonciation cinématographique, mais aussi du geste poétique, plus largement. (...) » Violeta Salvatierra
Sommaire :
Voix en miroir et en abîme par Raphaël Bassan /
Deux voix qui mentent par Silvia Maglioni /
Le voile de Mabuse (partie 1) par Fabrice Lauterjung /
Anamorphosis of Voice par Graeme Thomson /
Magma par Verb** /
Sur le désir de tes jeux par Raphaël Soatto /
Dans une langue étrangère.
Un lac de Philippe Grandrieux par Rodolphe Olcèse /
Sans terre, sans voix... par Sothean Nhieim /
Una playa o una mano abierta par Violeta
Salvatierra
Par Etoilements
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Si elle nous vient le plus souvent sur le mode de l'accident et peut provoquer une infirmité, la fracture, même douloureuse, peut également être le lieu d'une
lucidité exacerbée. Hors d'usage, tel de nos membres nous rappelle à chaque instant son sens, sa portée et ses puissances. Après une rupture, amoureuse ou pas, la personne que nous ne verrons
plus peut continuer de se manifester à nous sous des hospices qui nous la rendaient précieuse, et montrer d'elle un visage que nous n'avions pas pu voir dans le concret de nos relations.
Au cinéma, la fracture peut certes relever de l'accident : la bande qui casse dans le projecteur, une image qui se fige dans un lecteur vidéo. Mais ces brèches, ne sont elles qu'un péril ?
N'indiquent-elles pas que tout film, par le biais du montage notamment, mais pas seulement, repose sur une série de fractures, de ruptures de plans ? La fracture n'est-elle pas finalement un
acte, pour le film comme pour son auteur, qui rend possible le devenir du cinéma — de sa pratique ? de son histoire ? — en tant que tel ?
Merci de nous adresser vos textes (7500 signes environ) avant le 10 mai, accompagnés de photos libres de droits.
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Le jeudi 26 mars, 18h30-20h30, inha :
jacques perconte contre les machines, tout contre...
Impakt
"Le jour où la terre s'arrêta... Contre la fuite en avant des hommes dans les technologies, dans des espaces de plus en plus complexes et dangereux, contre la fougueuse nature
prométhéenne d'une partie de l'humanité, contre la menace de l’homme sur la nature, la science-fiction expose comme seule chance pour nous, l'arrêt : l'arrêt des machines, la fin de
l’automatisation, la coupure de l'électricité... Pour laisser l'homme face à sa fragilité réelle, en prise directe avec l’univers."
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A l'occasion de la parution du numéro six d'étoilements, nous vous invitons à venir rencontrer la
rédaction et les auteurs à la librairie Lis Voir (10 rue Goncourt, 75011 Paris) le jeudi 26 mars à 19h.
Edito
Pour ce numéro d’étoilements, nous nous sommes interrogés sur l’idée d’insistance : celle d’une
puissance créatrice, celle qui est résistance ou persistance de formes, de traces, d’une nécessité surtout, jamais comblée, de dire. En insistant, on enferme ou on libère, on produit (ou on
se laisse produire) dans l’intensification. Insister donc : y revenir. Or, ce n’est pas pour autant que l’on se saisit davantage de nos faires, de nos dires ; bien au contraire, on se cherche
inlassablement, on fait place à l’inconnu, le laissant ainsi jaillir.
C’est d’abord en hommage à l’œuvre inépuisable de Raymonde Carasco (récemment disparue), que cette
question s’ouvre, pour mieux la faire resurgir à travers la mémoire sensible de Gabriela Trujillo. Elle se prolonge ensuite dans l’analyse du film Zorns Lemma, de Hollis Frampton, par Raphaël
Bassan, ou la mise en perspective de Empire d’Andy Warhol et Macrozoom de Piero Bargellini, mettant à jour deux approches d’une expérience de l’insistance du
vide
dans nos vies contemporaines (et dans le cinéma d’avant-garde), d’après Dario Marchiori. Face à la nécessité impérieuse de faire partager les traces d’une histoire d’oppression et de lutte,
la question des images latentes prend tout son sens au sein l’œuvre de Joana Hadjithomas et de Khalil Joreige, donnée à penser par Daphné Le Sergent. La volonté de dévoiler, de faire
apparaître, liée au besoin de réfléchir aux conditions de cette apparition nécessaire, sont au cœur du travail de ces artistes, et trouvent écho dans le texte qui suit, sur la persistance
de l’image manquante aux fondements même du médium cinématographique (Gabriela Trujillo).
Le texte de Rodolphe Olcèse, à partir de films de Blaise Othnin-Girard, ainsi que celui de Raphaël Soatto, soulignent, parmi les diverses formes d’insistance évoquées, celle qui œuvre dans
la pratique cinématographique en tant que quête de sens toujours à préciser, à retrouver. Un telle quête nécessite d’être complétée par un ailleurs, un au-delà que le regard de l’autre
viendra à chaque fois convoquer.
Enfin, étoilements veut continuer à donner une place à des écrits empruntant des formes poétiques ou fictionnelles comme celles, en particulier, des textes qui closent le numéro.
Il est aussi question d’insistance, ici, sur l’ouverture à des modes d’écriture permettant d’approcher autrement le geste cinématographique, s’autorisant à le décentrer, et tentant d’y
répondre par de nouveaux gestes - autant de tentatives singulières de le réinventer.
Violeta Salvatierra
Sommaire
Un moment sur l’aile du vent : Raymonde Carasco rediviva par Gabriela Trujillo / Zorns Lemma, matrice des langages et défis à la mémoire par Raphaël Bassan
/ Macrozoom sur l’Empire par Dario Marchiori / La limite visible de l’autre, Joana Hadjithomas et de Khalil Joreige par Daphné Le Sergent / Persistance
rétinienne d’une image manquante : l’éloge des leurres (ou : le cinéma est une diatribe contre la réalité) par Gabriela Trujillo / Fragments retrouvés par
Rodolphe Olcèse / Insistance du crime (Dietmar Brehm) par Violeta Salvatierra / L’ontologie de ce que je me répète par Raphaël Soatto / Les
(més)aventures d’Ellie par Dominik Lange
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Edito
Le retard est-il toujours — pour celui qui le provoque ou pour celui qui le subit — un dommage ? Qu’il vienne semer le trouble dans nos emplois du temps révèle que
nous ne sommes pas maîtres de notre temps, et que nous devons aussi composer avec l’imprévisible. Or, précisément, le retard peut avoir cette vertu de rendre imprévisible celui ou celle que nous
attendons. De proche en proche, en introduisant une brèche dans la série de nos prédictions, en éveillant une attention qui est à la fois crispée, sur le qui vive, et dans une présence imposée à
tout ce qui est là et que nous n’attendons pas, il permet aux événements les plus simples qui font notre environnement de se montrer sous un jour nouveau, et parfois de se montrer tout
court.
C’est sous signe de l’attente que le retard est d’abord envisagé. Raphaël Bassan le met en évidence à partir de Still d’Ernie Gehr, en exposant le processus de réalisation du film : en retard sur ses aspirations de cinéaste, un jeune salarié
de la Film-Makers’ Cooperative de New York se laisse surimpressionner par le temps qui passe. Gabriela Trujillo prolonge cette question du cinéma comme impression de l’attente en évoquant un film
arrivé trop tard pour aboutir vraiment. D’autres films sont rencontrés dans ce numéro : Avant que ne se fixe de Fabrice Lauterjung, Entrées de secours de Jérôme de Missolz ou encore
Rêves américains 3 de Moira Tierney.
C’est une joie également d’accueillir un nouveau morceau de poésie visible composé de concert par Graeme Thomson et Silvia Maglioni, et de donner à lire quelques vers de Raphaël Soatto, qui
posent ce paradoxe d’un avant du temps, qui pour ne pouvoir être recherché que dans le temps, ne saurait être que traqué sans fin.
Nous nous sommes par ailleurs emparés de cette question du retard pour publier un texte qui aurait dû paraître dans le numéro deux, et qui n’a pu y figurer pour cause d’inachèvement. Un retard en
acte donc, qui nous donne aussi quelque chose à entendre de ce qui s’ouvre dans toute attente. Un second retard délibéré vous est offert dans l’annonce d’une exposition qui a eu lieu le mois
dernier à Pantin. Nous avons voulu profiter de cet événement passé pour recevoir une intervention de l’atelier de la Zone Opaque, premier temps d’un geste qui pourrait se continuer dans les
prochains numéros, si nos agendas respectifs nous permettent, comme le dit cette expression horrible, de tenir les délais.
Rodolphe Olcèse
Sommaire
La fenêtre du coopérateur. De la méditation naît le sublime (ou quelques «couplets» sur le film Still d’Ernie Gehr) par Raphaël Bassan / De
l’attente, de l’oubli et de l’abjuration : le film de Monelle par Gabriela Trujillo / L’avant du
temps par Raphaël Soatto Texte pour étoilements / deux, inachevé
par Catherine Bareau / «L’image, instable, s’établit». A propos de Avant que ne se fixe de Fabrice Lauterjung par Violeta Salvatierra / Too late blues par Graeme Thomson & Silvia Maglioni / JdM, Entrées de secours
par Rodolphe Olcèse / Drames. À propos de Rêves américains numéro
3 de Moira Tierney et autres sommeils transatlantiques par Orlan Roy / Zone Opaque
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Mercredi 12 novembre 2008
Par Etoilements
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